Prévention et sécurité grâce à la numérisation

31.01.2022
Auteur : Simon Gröflin

La numérisation transforme notre monde du travail. Mais la numérisation doit aussi atteindre la sécurité au travail, car chaque accident est un accident de trop. Les nouvelles technologies peuvent contribuer à simplifier de très nombreux processus quotidiens dont on ne se souciait pas auparavant.

Le monde du travail est en constante évolution. Alors que dans le secteur industriel, l'homme et la machine se rapprochent de plus en plus, tant un flux important d'informations qu'une accessibilité permanente peuvent avoir des répercussions sur les phases de récupération de l'homme. Une chose est sûre : la santé et la sécurité au travail continueront de gagner en importance à l'avenir et nécessiteront des aides à l'action en fonction des activités. La diversité croissante des nouvelles formes d'emploi, mais aussi la dissolution des frontières spatiales et temporelles, rendent difficile pour les employeurs l'intégration de leurs modèles de travail dans des schémas de santé et de sécurité au travail modernes. La pandémie de Covid-19 a entraîné une transformation aussi rapide que profonde des conditions de travail dans notre pays. Ainsi, selon les chiffres de l'Office fédéral de la statistique, 40 pour cent des employés ont effectué leurs activités en home office l'année dernière, contre 25 pour cent l'année précédente ¹. C'est donc une tâche d'organisation et de direction exigeante que de remplir toutes les obligations en tant qu'employeur lorsqu'il s'agit de planifier les mesures nécessaires et de surveiller leur mise en œuvre ainsi que leur respect.

Il n'est pas rare que l'organisation et la mise en œuvre des mesures de sécurité au travail donnent lieu à des conflits avec les collaborateurs et les supérieurs hiérarchiques. Les chargés de sécurité (CS) doivent généralement faire face à des tâches désagréables, découvrir des points faibles et faire porter le chapeau à quelqu'un. Mais les collaborateurs doivent eux aussi être conscients au quotidien de leurs actes et de leurs actions au sein de l'entreprise et reconnaître leur devoir de participation dans la perception de la sécurité au travail.

Des responsabilités peu claires
Même si une entreprise ne peut justifier d'aucun sinistre notable par le passé, elle devrait disposer d'une organisation structurelle et fonctionnelle bien définie ainsi que de règles de comportement claires en cas de situations critiques. Si des contrôles aléatoires de routine ne sont pas effectués sur les institutions existantes telles que les finances/RH d'une organisation, même des formations complémentaires sur la sécurité au travail ne suffiront pas. Si les entreprises manquent de ressources adéquates pour la mise en œuvre et la documentation de la sécurité au travail, cela peut avoir des conséquences désastreuses. Si, par exemple, l'entreprise n'intervient pas systématiquement en cas de soupçon ou d'infraction, elle se voit confrontée à des situations problématiques récurrentes.² De même, les doubles classements de documents compliquent non seulement la gestion des ressources de l'entreprise, mais aussi la mise en place de directives claires. Mais comment un employeur peut-il prouver l'ensemble de ses activités selon l'art. 32b OPA et les directives CFST en matière de sécurité au travail et de protection de la santé ? Une approche orientée système avec une documentation correspondante est évidente et également recommandée par la Suva. Les raisons pour lesquelles certaines entreprises ont du mal à adopter une nouvelle solution informatique peuvent avoir plusieurs causes. Si le message d'une entreprise informatique est trop technologique et se concentre uniquement sur le spectre de l'application, le marketing d'une solution logicielle rate complètement sa cible. De plus, dans les secteurs moins technologiques, il peut y avoir un certain "problème de génération" ou une moindre ouverture d'esprit vis-à-vis d'une solution logicielle. Néanmoins, le traitement des données personnelles, par exemple, ne devrait être autorisé que dans la mesure où elles sont nécessaires à la relation de travail.

Gérer toute la documentation de manière centralisée sur une tablette
La numérisation de la protection du travail offre de nombreux avantages. Il est par exemple possible de renoncer complètement aux documents papier lors de la consignation des rondes et de la définition des mesures : Le principe repose sur une base de données centrale chez le partenaire de la branche et du logiciel et sur différents appareils clients de l'entreprise, à partir desquels les listes de contrôle sont consultées et enregistrées. La documentation complète est prise en charge par une solution basée sur le web, qui enregistre directement toutes les listes de contrôle dans le cloud en respectant les normes de sécurité les plus strictes. Il en résulte une plus grande transparence et une sécurité juridique accrue pour l'entreprise. Une démarche que suit par exemple aussi l'application web "safely", originaire de Suisse. Si un collaborateur reconnaît un risque de glissade dû à un bidon d'huile renversé, il peut le consigner par un simple message électronique de défaut et en informer ainsi immédiatement son supérieur hiérarchique. Les formations à l'utilisation de certains outils ou de plates-formes élévatrices peuvent également être consignées au fur et à mesure. Le principal avantage d'un logiciel de santé et de sécurité au travail réside toutefois dans le gain de temps et la rapidité des processus de documentation. Les craintes liées aux applications informatiques disparaissent au plus tard lorsque la solution logicielle présente un grand avantage en termes d'utilisabilité et qu'un "glissement de doigt" permet d'accéder aux principaux outils tels que les listes d'audit, les documents ou les incidents sur l'appareil mobile. Le responsable de la sécurité a toujours sa tablette ou son smartphone sur lui. Des sorties de secours bloquées, des palettes empilées trop haut ou un dispositif de protection manquant peuvent être identifiés directement sur place grâce à des déterminations systématiques des risques via la tablette et la mise en œuvre des mesures peut être commandée.

Conclusion
Grâce à des interfaces utilisateur conviviales et à une sauvegarde sécurisée des données sur tous les appareils, un éventail beaucoup plus large de flexibilité s'ouvre, car les collaborateurs peuvent se faire rappeler automatiquement les délais de contrôle ou les dates de mise en œuvre. Les prescriptions du législateur sont rapidement applicables grâce à une solution numérique de sécurité au travail, tandis que les listes de contrôle sont tenues à jour par le responsable de la sécurité ou par un service spécialisé MSST. Enfin, une solution de documentation allégée permet à l'entreprise de bénéficier d'une sécurité juridique accrue. Une application sûre permet également d'obtenir à tout moment des chiffres clés, qui renseignent par exemple chaque année sur l'état de santé et le respect des prescriptions légales, afin de pouvoir évaluer les besoins de formation nécessaires. Enfin, une gestion centralisée et rapide des processus de santé et de sécurité au travail renforce la confiance des collaborateurs. En effet, si une entreprise se préoccupe de processus efficaces et transparents en matière de sécurité et de santé de ses collaborateurs, la conscience de la sécurité de l'entreprise augmente également. Grâce à une documentation complète de toutes les rondes et des instructions ou formations des collaborateurs, la sécurité au travail peut également être planifiée de manière plus prévoyante pour les années à venir. Si une solution logicielle dispose d'un concept convivial et que les prescriptions de la CFST et de la Suva peuvent être reproduites à tout moment, comme c'est généralement le cas pour un système MSST, le passage à une solution Software-as-a-Service (SaaS) s'impose comme une évidence. Une telle solution permet non seulement de gérer plus facilement les processus et de réaliser de nombreuses économies à long terme : Un fournisseur de logiciels compétent peut également apporter son aide lors de l'implémentation de nouvelles fonctions.

Sources :
¹ https://www.rts.ch/info/economie/12134345-le-teletravail-sest-etendu-en-suisse-en-2020-a-cause-de-la-pandemie.html
² https://www.safety-plus.ch/die-rechte-und-pflichten-eines-sicherheitsbeauftragten

Publié à l'origine dans SAFETY-PLUS 1/22, pages 12-13